Booster la bioponie professionnelle
Le projet BIOBOOST-PRO, c'est quoi ?
Le projet BIOBOOST-PRO (2024 - 2028), soutenu par le programme INTERREG Europe du Nord-Ouest (ENO), étudie le potentiel de la bioponie, un mode de culture hors-sol fondé sur l’utilisation d’engrais organiques, à l’échelle de plusieurs pays européens (Belgique, Allemagne, France, Irlande et Pays-Bas).
Son ambition est d’accompagner l’évolution des systèmes de production vers des modèles plus durables, en s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire où les effluents d’élevage sont transformés en ressources fertilisantes.
Pour cela, le projet s’appuie sur 11 sites pilotes déployés dans cinq pays, véritables terrains d’expérimentation de la bioponie. Il vise également à en faciliter le déploiement à plus grande échelle grâce à la création d’outils communs : modèles économiques, méthodologie de stratégie territoriale et boîte à outils dédiée aux acteurs de la filière.
Expérimentations en cours
ASTREDHOR a conduit, lors de la première année, un essai sur des plantes bisannuelles (Viola et Primula) selon quatre modalités de fertilisation :
- la fertilisation minérale de référence
- la fertilisation à l’eau claire
- la fertilisation via une eau issue d’un système aquaponique installé dans une serre de production au sein du lycée horticole de Fauville-en-Caux (Normandie)
- la fertilisation organique d’origine végétale
Les résultats de cette première phase sont encore en cours d’analyse, mais certaines tendances se dessinent déjà, notamment des niveaux des taux de chlorophylle souvent similaires entre fertilisation organique et minérale.
Pour la deuxième année, les essais se poursuivent sur des cultures d’Ocimum et d’Ipomoea, selon le même protocole expérimental. La fertilisation organique d’origine végétale a été remplacée par un apport issu de la méthanisation de lisier de porc, afin d’évaluer des solutions plus directement liées à la valorisation des effluents d’élevage.
Suivi des paramètres agronomiques
Un suivi agronomique complet est réalisé tout au long des essais. La solution nutritive fait l’objet d’analyses régulières portant sur les éléments minéraux (azote (N), phosphore (P), potassium (K)), ainsi que sur le pH et la conductivité électrique (EC).
Le développement des plantes est également suivi avec attention. En fin de culture, la biomasse est mesurée par pesée de la masse fraîche (MF) et de la masse sèche (MS). L’état physiologique des plantes est évalué à travers l’observation de symptômes de stress ou de carences, notamment via des mesures quantitatives de chlorophylle (SPAD) ainsi que par une notation qualitative d’aspect commercial.
Le substrat est également suivi, avec des mesures régulières du pH et de l’EC afin de mieux comprendre les dynamiques physico-chimiques des systèmes.
Apport de biostimulants
Un biostimulant a été appliqué sur 50 % des modalités afin d’évaluer son effet sur la croissance et la santé des plantes. Ce type de produit est reconnu pour améliorer l’absorption des nutriments, renforcer la tolérance aux stress abiotiques et stimuler le développement végétal.
Enjeux et perspectives
Le projet de recherche BIOBOOST-PRO a pour objectif de lever les freins au développement de la bioponie en Europe, en mobilisant l’ensemble des acteurs de la filière. À terme, il vise à réduire la dépendance aux engrais de synthèse, à mieux valoriser les déchets organiques agricoles et à limiter les pertes de nutriments. Il s’inscrit ainsi dans une démarche visant à faire évoluer les systèmes de production vers des modèles plus durables, performants et résilients.

